La leucémie myéloïde chronique (LMC) est une prolifération clonale affectant l’hématopoïèse à partir d’une cellule souche pluripotente. La classification OMS 2022 l’intègre dans le cadre des néoplasies myéloprolifératives encore dénommées syndromes myéloprolifératifs. La caractéristique de la leucémie myéloïde chronique est la présence du chromosome de Philadelphie (der22) issu de la translocation t(9;22)(q34;q11) ou de son équivalent moléculaire, le transcrit de fusion BCR::ABL1 [34]. Le pronostic de la LMC a été profondément modifié depuis l’avènement des inhibiteurs de tyrosine kinase dont le chef de file est l’imatinib mésylate. L’espérance de vie des patients atteints de LMC s’approche de celle d’une population de même âge et de même sexe [2]. Il s’agit du premier exemple de traitement ciblé efficace dans le domaine du cancer [12], [15].
Physiopathologie
La compréhension de la maladie repose sur le dogme de l’oncogène unique généré par la translocation t(9;22)(q34;q11), dont résulte une protéine de fusion BCR::ABL1 (voir Figure 58-1) [14]. La protéine BCR::ABL1 active les voies Ras, PI-3 kinases, les complexes d’adhésion (actine, focal adhesion kinase) et les systèmes messagers comme celui des Jak-Stat kinases (Janus kinase, signal transducer and activator of transcription) avec un rôle central joué par les facteurs STAT5. En aval, sont activées les MAP kinases (mitogen activated protein kinases) et les protéines de survie qui interagissent avec la famille Bcl-2. L’oligomérisation de BCR::ABL1 démasque et active le domaine catalytique de la kinase....
