Les éosinophilies et hyperéosinophilies se définissent par une expansion de la lignée éosinophile, au niveau sanguin ou tissulaire. Un chiffre de polynucléaires éosinophiles (PNE) supérieur à 0,5 × 109/L (500/μL) définit selon les dernières recommandations internationales une éosinophilie, tandis que le terme d’hyperéosinophilie est réservé aux chiffres de polynucléaires éosinophiles supérieurs à 1,5 × 109/L (1 500/μ<L) [30].
Parfois méconnues ou négligées, les hyperéosinophilies peuvent constituer un signe biologique révélateur de maladies potentiellement graves. L’enquête étiologique, parfois complexe, doit être systématiquement réalisée, quelle que soit l’importance de l’éosinophilie. Nous détaillons dans ce chapitre l’ensemble des diagnostics à envisager en mettant l’accent sur les plus fréquents ou les plus sévères. Nous proposons également de simplifier et d’orienter de façon pertinente les explorations à effectuer face à une hyperéosinophilie majeure [9].
Polynucléaire éosinophile (voir aussi Chapitre Polynucléaire éosinophile)
Pendant des décennies, cette cellule a été considérée comme un simple marqueur biologique d’infections parasitaires ou d’atopie. De nombreuses découvertes ont modifié cette vision réductrice en démontrant l’implication des éosinophiles dans l’initiation et la propagation de signaux inflammatoires, la modulation de l’immunité innée et/ou adaptative [15, 28].
Les polynucléaires éosinophiles sont issus de la moelle osseuse, à partir de cellules souches hématopoïétiques....
