Diagnostic
L’hyperlymphocytose est définie par une concentration en lymphocytes supérieure à 4 000/μL chez l’adulte. Chez l’enfant, la limite supérieure des valeurs normales est de 11 000 lymphocytes/μL, chez le nouveau-né, 17 000/μL à 1 mois et 10 000/μL jusqu’à la puberté. Il ne faut accorder aucune valeur à une lymphocytose dite relative (formule dite « inversée ») qui ne préjuge en rien de la numération réelle des lymphocytes.
Les lymphocytes sanguins sont en routine évalués par des automates qui ne les distinguent pas de cellules lymphoïdes « atypiques ». Toute hyperlymphocytose exige une lecture des frottis sanguins au microscope par un cytologiste entraîné, afin d’en discerner les aspects cytologiques normaux et pathologiques (petits lymphocytes, cellules hyperbasophiles, cellules lymphoïdes immatures d’une leucémie aiguë ou d’un syndrome lymphoprolifératif) [6]. Selon le contexte et l’aspect cytologique, une étude par cytométrie en flux s’avère souvent nécessaire pour préciser l’immunophénotype et la clonalité des lymphocytes en excès (voir Tableau 66-1).
Conséquences spécifiques
Même considérable, une hyperlymphocytose n’engendre pas de signes microcirculatoires, et encore moins de phénomène de leucostase. Une lymphocytose importante (> 50 000/μL) peut être à l’origine d’artefacts biologiques trompeurs, notamment d’une fausse hypoxémie par consommation d’oxygène in vitro, dans la seringue de prélèvement ; cet artefact est prévenu par le prélèvement du sang dans une seringue maintenue à 4 °C jusqu’à la mesure tonométrique....
