La découverte d’une immunoglobuline monoclonale est une situation fréquente dans la pratique quotidienne (6 % des patients de plus de 70 ans). Le composant monoclonal est le reflet de la présence d’un clone B anormal, plasmocytaire ou lympho-plasmocytaire le plus souvent médullaire. Classiquement, on définit le degré d’expansion de ce clone en fonction de la quantité de cellules tumorales évoluant (ou non) par des états successifs : immunoglobuline monoclonale de signification indéterminée, hémopathie indolente ou hémopathie symptomatique de type myélome ou lymphome (syndrome « tumoral »).
Cependant, cette classification linéaire ne prend pas en compte un ensemble de complications non liées à l’importance de la masse tumorale, mais à la pathogénicité de l’immunoglobuline elle-même, dépendant de ses propriétés notamment physico-chimiques (solubilité), immunologiques (auto-immunité, formation de complexes immuns). En effet un clone même indolent, de faible malignité en termes de masse tumorale, peut engendrer par le biais de l’immunoglobuline monoclonale des symptômes parfois sévères, pouvant mettre en jeu le pronostic vital. Ces clones plasmocytaire ou lympho-plasmocytaire sont qualifiés comme « dangereux » [56].
Pour mieux les qualifier, elles sont désormais regroupées sous le terme d’immunoglobulines monoclonales de signification clinique (Monoclonal Gammopathy of Clinical Significance, MGCS) [26]. Il s’agit d’un ensemble de complications assez vaste et hétérogène....
