Les leucémies aiguës myéloïdes (LAM) constituent un sous-groupe de cancers du tissu hématopoïétique. Elles représentent la majorité des leucémies aiguës de l’adulte (85 %) mais une minorité des cas chez l’enfant (20 %). Leur pronostic, même s’il tend à s’améliorer, demeure globalement péjoratif. Si plus de la moitié des adultes de moins de 50 ans peuvent être guéris par la chimiothérapie intensive éventuellement suivie d’une allogreffe de cellules hématopoïétiques, ce taux n’est plus que d’un tiers entre 50 et 65 ans, tandis que moins de 10 % des sujets âgés de 65 ans ou plus peuvent espérer une guérison [22]. Les progrès médicaux des dernières décennies ont permis d’améliorer ce pronostic, notamment chez les patients âgés de 50 à 75 ans [55].
Les leucémies aiguës myéloïdes sont caractérisées par l’acquisition d’un blocage de différenciation des progéniteurs hématopoïétiques, conduisant à l’accumulation de cellules immatures (blastes) leucémiques au sein de la moelle osseuse, s’accompagnant parfois d’un passage sanguin responsable d’une hyperleucocytose avec blastes circulants, parfois responsable de défaillances respiratoire ou neurologique. Un seuil de blastes médullaires de 20 % sert depuis 20 ans de critère diagnostique cardinal pour les distinguer des entités pré-leucémiques (syndromes myélodysplasiques notamment). Par des mécanismes encore imparfaitement élucidés, la production des cellules sanguines normales est inhibée....
