Définition générale et historique
Le syndrome des antiphospholipides (SAPL) est un désordre auto-immun systémique lié à des auto-anticorps dirigés contre des protéines à forte affinité pour les phospholipides et dénommés, pour des raisons historiques, anticorps antiphospholipides (APL). La cardiolipine (ou cardiolipide), glycérophospholipide initialement extrait du cœur de bœuf, était utilisée au XXe siècle dans un test de fixation du complément pour dépister les patients syphilitiques. C’est devant un nombre important de résultats faussement positifs, sans aucun signe clinique de syphilis, que la positivité de ce test lié à la présence d’anticorps anticardiolipine est devenue, au fil du temps un des critères du diagnostic du lupus érythémateux disséminé. Plus tard une relation a été observée chez ces patients entre la présence de ces anticorps, une activité anticoagulante circulante et la survenue de thrombose. La présence d’une activité anticoagulante circulante associée à des thromboses ou des avortements à répétition était connue depuis les années 50 et notamment décrite en 1980 par JP Soulier et MC Boffa [15]. Le terme de syndrome des antiphospholipides a été introduit en 1987 par Harris et coll. [12] pour définir l’association entre la présence d’anticorps antiphospholipides, la survenue de thromboses veineuses ou artérielles, de pertes fœtales répétées et de thrombopénie, association également observée en dehors du lupus érythémateux systémique....
