Les anticoagulants représentent l’une des classes de médicaments les plus prescrites, compte tenu de la prévalence des maladies cardio-vasculaires et thrombotiques. Au sein de la pharmacopée, ils occupent une place tout à fait singulière dans la mesure où leur efficacité antithrombotique est associée à un risque hémorragique, à évaluer dans chaque situation, notamment chez le patient fragile. De nombreuses recommandations sont disponibles, de façon à encadrer au plus près la prescription de ces médicaments et de guider les médecins dans les situations difficiles. Si l’héparine non fractionnée et les antivitamines K sont les médicaments de référence, d’autres molécules, plus ciblées et plus faciles d’utilisation, sont disponibles par voie injectable ou per os. En perspective, de nouveaux médicaments, idéalement antithrombotiques sans risque hémorragique, sont d’ores et déjà à l’étude.
Héparines
Structure et mécanisme d’action
Les héparines non fractionnées (HNF ; Masse moléculaire : 15 000-18 000 Da) et de bas poids moléculaire (HBPM ; Masse moléculaire : 2 000-10 000 Da) sont des mucopolysaccharides inhibant la coagulation en potentialisant l’activité inhibitrice qu’exerce l’antithrombine sur les sérine-protéases de la coagulation [11]. En effet, les chaînes polysaccharidiques constituant les héparines non fractionnées et les héparines de bas poids moléculaire sont caractérisées par un pentasaccharide de structure bien définie, réparti le long des chaînes saccharidiques....
