Une thrombopénie néonatale est définie par une numération plaquettaire inférieure à 150 × 109/L. C’est l’un des désordres hémorragiques les plus courants pendant la période néonatale, un tiers des nouveau-nés admis en soins intensifs étant thrombopéniques [51], et près de 1 % en maternité [25]. Chez les prématurés, la numération plaquettaire normale doit être appréciée en fonction du terme de la grossesse [60]. La thrombopénie est considérée comme sévère lorsque la numération plaquettaire est inférieure à 50 × 109/L.
Les causes non-immunes sont les plus fréquentes (thrombopénies constitutionnelles, ou acquises mais non immunes telles que l’hypoxie, les infections, ou la CIVD).
Les thrombopénies immunes néonatales sont de 2 types. Les unes résultent du passage transplacentaire d’auto-anticorps plaquettaires d’origine maternelle. Les thrombopénies allo-immunes résultent d’un conflit materno-fœtal portant sur un antigène plaquettaire fœtal, équivalent plaquettaire de la maladie hémolytique du nouveau-né. Sa fréquence dans la population caucasienne est de 1 cas pour 800 à 1 000 naissances. Elle est présente dès les premières heures de vie et plus sévère que celle due à l’auto-immunité maternelle dont le nadir est souvent retardé, J + 7 à J + 10 après la naissance. Les conséquences délétères de la thrombopénie sévère sont les hémorragies notamment intracrâniennes à l’origine de décès ou de séquelles neurologiques. Seule est développée dans ce chapitre l’allo-immunisation fœto-maternelle plaquettaire (AIFMP)....
