S22-P04-C06 Dyskinésies ciliaires primitives

S22-P04-C06 Dyskinésies ciliaires primitives

S22

Pneumologie

Vincent Cottin

Chapitre S22-P04-C06

Dyskinésies ciliaires primitives

Sylvain Blanchon, Jean-François Papon, Nicole Beydon, Estelle Escudier, Serge Amselem et Marie Legendre

 

Les dyskinésies ciliaires primitives (DCP) [MIM 244400] sont des affections génétiques rares, regroupant des maladies respiratoires, liées à une anomalie constitutionnelle de l’axonème, cytosquelette interne commun aux cils et aux flagelles des spermatozoïdes, qui a été remarquablement conservée au cours de l’évolution. Il existe plusieurs catégories de cils qui peuvent être classés selon l’arrangement du cytosquelette interne et selon leurs fonctions : les cils mobiles assurent à la surface des cellules multiciliées le transport de fluides ou de cellules ; les cils primaires, uniques pour chaque cellule et immobiles (en dehors des cils des cellules embryonnaires nodales) sont des mécano/chémorécepteur sensibles aux modifications de l’environnement cellulaire. La DCP a été la première des ciliopathies identifiées, groupe de maladies génétiques rares (syndrome de Bardet-Biedl, polykystoses rénales congénitales…) en rapport avec des anomalies de structure et/ou de fonction des cils.

En 1976, Afzelius a montré qu’une immobilité des cils respiratoires était à l’origine du syndrome de Kartagener décrit de longue date et défini par la triade bronchectasies, situs inversus et sinusite chronique [1]. La persistance chez certains sujets d’une mobilité ciliaire anormale et l’observation d’anomalies ciliaires en dehors d’un situs inversus a conduit à regrouper ces maladies relativement homogènes dans leur expression clinique sous l’appellation de « dyskinésie ciliaire primitive ». Les DCP sont responsables d’une altération de l’épuration mucociliaire induisant des infections chroniques des voies aériennes hautes et basses, classiquement dès les premières années de la vie, et évoluant vers des bronchiectasies (dilatation des bronches). Au cours du développement embryonnaire, le défaut de mobilité ciliaire des cellules nodales se traduit par une perturbation du flux du liquide amniotique normalement orienté vers la gauche du disque embryonnaire. Il s’en suit une latéralisation aléatoire des organes et la survenue d’un situs inversus chez environ 50 % des patients, réalisant alors le syndrome de Kartagener qui est donc un sous-groupe des DCP.

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