S16-P01-C04 Autres syndromes névrotiques

S16-P01-C04 Autres syndromes névrotiques

S16

Psychiatrie

Michel Lejoyeux

Chapitre S16-P01-C04

Autres syndromes névrotiques

Pauline Gorse

Hystérie de conversion

Dans le DSM-IV, le trouble de conversion appartient à la catégorie très hétérogène des troubles somatoformes. Il se manifeste par un ou plusieurs symptômes ou déficits touchant la motricité volontaire ou les fonctions sensitives ou sensorielles qui ne peuvent s’expliquer par une affection médicale générale ou les effets d’une substance. Ces symptômes ou déficits ne sont pas produits intentionnellement ou feints (ce qui les distingue des troubles factices ou de la simulation), entraînent une souffrance ou une altération du fonctionnement social significative et ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble mental (y compris le trouble de somatisation) [3]. Pour porter le diagnostic, il est essentiel que les symptômes soient inexpliqués médicalement. Ce critère a été sujet à controverse. Il expose en effet au risque de recevoir un tel diagnostic quand la médecine n’est pas suffisamment avancée ou quand des connaissances font défaut à un médecin ou encore si des conflits d’intérêts empêchent que certaines pathologies soient officiellement reconnues. De plus, d’après le DSM-IV, le diagnostic implique que des facteurs psychologiques soient associés au symptôme ou au déficit (leur survenue ou leur aggravation devant être précédée par des conflits ou d’autres facteurs de stress). Ce critère a été également controversé, à la fois parce qu’il rompt avec le caractère athéorique des critères des DSM, et parce qu’il introduit un élément subjectif d’appréciation, source d’erreurs de diagnostic. Le DSM-5 propose une nouvelle définition pour se distancer de l’ancienne conception psychanalytique sous-jacente. Il remplace la catégorie des « troubles somatoformes » par la catégorie des « troubles avec symptômes somatiques ». Pour cette nouvelle catégorie, qui inclut le trouble douloureux et la somatisation, le DSM-5 abandonne deux critères au centre des définitions antérieures, mais impossibles à prouver en pratique : l’association à un facteur psychologique jugé causal, et l’absence de toute exagération ou simulation consciente. Il retire également le critère selon lequel les symptômes doivent être médicalement inexpliqués et met l’accent sur un nouveau critère : l’impact de ces symptômes sur les pensées, les sentiments et les actions de la personne. Les symptômes peuvent ou pas être associés à une autre condition médicale, mais doivent, pour rencontrer les critères diagnostiques, être accompagnés par des pensées, sentiments et comportements excessifs [6].

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