S21-P02-C03 Goitres simples et nodulaires

S21-P02-C03 Goitres simples et nodulaires

S21

Endocrinologie

Jean-Louis Wémeau

Chapitre S21-P02-C03

Goitres simples et nodulaires

Jean-Louis Wémeau et Miriam Ladsous

 

Constituant la plus fréquente des endocrinopathies, les goitres simples et multinodulaires sont observés chez environ 10 % de la population adulte, souvent dans un contexte familial et avec une large prédominance féminine.

Initialement diffuses et homogènes, les hypertrophies thyroïdiennes normofonctionnelles, non inflammatoires et non cancéreuses définissent l’entité dénommée goitre simple. À ce stade, elles sont latentes, ne sont responsables d’aucun désagrément, si ce n’est parfois un préjudice esthétique et sont accessibles à une thérapeutique médicale.

Au fil des années et des décennies, les goitres se remanient par l’apparition de nodules. La majorité de ces nodules sont bénins. Un certain nombre d’entre eux sont fonctionnels, captant les isotopes (de l’ordre de 10 %), et à risque d’évoluer vers l’hyperthyroïdie. D’autres enfin sont des cancers (environ 5 %). La plupart de ces cancers nodulaires sont de petites dimensions et peu agressifs. Mais au sein des goitres même asymptomatiques, les cancers nodulaires supracentimétriques et évolutifs doivent être identifiés et traités.

C’est donc au stade plurinodulaire que les goitres deviennent symptomatiques, et sont à risque de complications.

Ainsi l’évaluation, le pronostic, les attitudes concernant la prise en charge thérapeutique et la surveillance dépendent au plus haut point du stade auquel est vu le patient consultant pour un goitre [11], [12], [16].

Épidémiologie

Les goitres simples et nodulaires constituent la plus fréquente des maladies de la thyroïde [4], [14]. Leur prévalence atteignait 23 % des femmes adultes, 3 % des hommes dans l’enquête prospective de la Wickham survey conduite en 1973 en Grande-Bretagne [18], 16,7 % de la population dans l’étude coordonnée en France en 1987 par le Pr René Mornex [15], 12,4 % des sujets évalués au plan échographique dans l’enquête SU.VI.MAX en 2001 [17]. Probablement plus 10 % de la population adulte a une hypertrophie de la thyroïde.

En dépit de cette haute prévalence, l’Europe occidentale est une zone de goitre sporadique. En effet l’endémie goitreuse est définie non pas chez l’adulte, mais chez l’enfant d’âge scolaire : entre 6 et 12 ans, moins de 5 % des enfants ont une hypertrophie thyroïdienne [7].

La prédominance féminine (5 femmes pour 1&…

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