S27-P01-C08 Pathologies buccales iatrogènes

S27-P01-C08 Pathologies buccales iatrogènes

S27

Pathologie orale et maxillofaciale

Patrick Goudot
Date de mise à jour : 13/05/2024

Chapitre S27-P01-C08

Pathologies buccales iatrogènes

Scarlette Agbo-Godeau

 

Elles se présentent sous différents aspects cliniques et n’ont le plus souvent aucun caractère spécifique pouvant les rattacher à une origine médicamenteuse [8]. L’interrogatoire, généralement compliqué ou imprécis, est pourtant essentiel afin de pouvoir faire le lien entre la prise médicamenteuse et la survenue des lésions buccales. Parfois, cette relation ne peut être clairement établie, en raison des polymédications fréquentes et surtout parce qu’il n’existe aucun marqueur biologique ou histologique pouvant prouver la responsabilité des produits suspectés. Seule la disparition des lésions après suppression du médicament ou du toxique peut a posteriori conforter ce diagnostic. L’« imputabilité » repose sur un faisceau d’arguments souvent difficile à réunir : délai d’apparition après la prise du médicament (quelques minutes pour une réaction de type anaphylactique à plusieurs semaines pour une réaction à type d’hypersensibilité), dernier médicament introduit, absence d’autre étiologie possible à l’effet observé, argument de « notoriété » pour certains médicaments (antibiotiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens…) et enfin l’évolution favorable à l’arrêt du traitement. La réintroduction du produit serait l’argument formel, mais ne doit en aucun cas être effectuée. Les centres de pharmacovigilance peuvent être sollicités au moindre doute ; ils ont une fonction d’information et enregistrent toutes les données sur les effets secondaires des médicaments.

Ulcérations buccales

Les mucites sont les complications buccales fréquentes de la chimiothérapie anticancéreuse et quasi constante de la radiothérapie cervicofaciale.

Chimiothérapie

La chimiothérapie par action directe cytostatique bloque le renouvellement des cellules de la muqueuse buccale. La mucite apparaît environ 7 jours après le début du traitement et présente des aspects variés en fonction de l’importance de la réaction : érythème, érosions, ulcérations fibrineuses, voire nécrotico-hémorragiques quand une neutropénie et une thrombopénie compliquent le traitement. La stomatite est douloureuse, souvent invalidante.

Les nouvelles thérapies ciblées, inhibiteurs de VEGF (vascular epidermal growth factor) et inhibiteurs mTOR, actuellement largement utilisées,  sont également responsables de mucites, les inhibiteurs de m-TOR (éverolimus, temsirolimus) donn…

Ce chapitre est réservé aux abonnés

Abonnez-vous dès maintenant

  • Consultation illimitée de l’intégralité du Traité de Médecine
  • Accès aux mises à jour des chapitres
  • Moteur de recherche

Je m’abonne