S28-P01-C12 Cancer du sein

S28-P01-C12 Cancer du sein

S28

Gynécologie

Anne Gompel

Chapitre S28-P01-C12

Cancer du sein

Anne Gompel et Jérôme Alexandre

 

Premier cancer chez la femme, il est accessible dans la plupart des cas au dépistage précoce et à un traitement conservateur.

Épidémiologie, facteurs de risque et histoire naturelle

L’incidence du cancer du sein est élevée en France : 58 459 cas estimés en 2018. Il représente 33 % des cancers chez la femme en 2012 [1]. Il est responsable de 12 146 décès par an soit de 19 % des décès par cancers chez la femme. À l’échelle individuelle, le risque pour une femme de présenter un cancer du sein lors de son existence est de 1/9 à 1/10 selon l’année de naissance.

Différentes études ont permis d’identifier plusieurs catégories de facteurs de risque [2], [3] :

– antécédents familiaux de cancer du sein : 5 à 10 % des cancers du sein se développent dans un contexte de prédisposition génétique et se transmettent sur un mode autosomique dominant :

– le risque est classiquement multiplié par 2 à 3 fois si un parent du 1er degré (mère, sœur, fille) a eu un cancer du sein ;

– à l’heure actuelle, deux gènes principaux de prédisposition génétique sont étudiés dans des contextes à très haut risque familial ; ce sont BRCA1 et BRCA2 (breast cancer) qui sont des gènes suppresseurs de tumeur et impliqués dans le contrôle du cycle cellulaire et la réparation d’ADN. Les patientes porteuses d’une mutation peuvent développer des cancers du sein et/ou de l’ovaire. Le risque cumulé à 70 ans de développer un cancer du sein varie de 51 à 75 % pour une femme porteuse d’une mutation de BRCA1 et de 33 à 54 % pour une mutation de BRCA2 (recommandations de la prise en charge des femmes avec prédisposition génétique de cancers du sein et ovaires, INCA 2016 en cours). Les tumeurs du sein héréditaires et les tumeurs sporadiques ne sont pas des maladies équivalentes. Ainsi, les cancers du sein familiaux, sont des tumeurs volontiers plus précoces, plus souvent bilatérales. Les cancers liés à BRCA1 sont fortement prolifératifs, en majorité dites triples négatives (récepteurs hormonaux à l’estradiol (RE) et à la progestérone (PR) et HER 2 négatifs). Les cancers liés à BRCA2 expriment en revanche majoritairement les récepteurs hormonaux, sont un peu plus tardifs ; l’incidence chez l’homme est plus élevée que pour BRCA1 ; en revanche les cancers de l’ovaire sont plus rares. Le risque cumulé à 70 ans est de 22 à 51 % pour BRCA1 et de 4 à 18 % pour BRCA2 (recommandations INCA 2016)&a…

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