S34-P01-C01 Insuffisance rénale aigue toxique

S34-P01-C01 Insuffisance rénale aigue toxique

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Toxicologie

 

Chapitre S34-P01-C01

Insuffisance rénale aigue toxique

Dominique Vodovar

L’insuffisance rénale aigue (IRA) toxique est secondaire à l’exposition d’un patient à un toxique quel qu’en soit les modalités. Les toxiques les plus fréquemment incriminés sont les médicaments qui seraient responsables de 20% des IRA [1].  La démarche diagnostique est la même que pour toute IRA, cependant l’anamnèse est cruciale pour déterminer l’exposition et l’imputabilité intrinsèque/extrinsèque du toxique dans l’IRA. La biopsie rénale peut être indiquée. Le traitement comprend dans tous les cas l’arrêt de l’exposition au toxique (en pratique l’arrêt du médicament). La dialyse peut être envisagée dans ce contexte, soit comme un traitement de support, soit en cas d’intoxication symptomatique, pour épurer le toxique s’il est dialysable (non lié aux protéines, faible volume de distribution, élimination rénale majoritaire). Des traitements spécifiques peuvent être indiqués. L’IRA est réversible dans la majorité des cas mais peut évoluer vers une insuffisance rénale chronique (IRC) [1], [3].

Insuffisance rénale aigue toxique pré-rénale [3]

La responsabilité des médicaments dans l’IRA pré-rénale n’est pas chiffrée mais elle est non négligeable. Le débit sanguin rénal, c’est-à-dire le débit de filtration glomérulaire, dépend de la volémie et du tonus autorégulé des artérioles rénales. En cas de baisse, le débit est maintenu par la vasodilatation de l’artériole afférente et la vasoconstriction de l’artériole efférente. Les molécules entraînant une vasoconstriction de l’artériole afférente (inhibiteur de l’enzyme de conversion, anti-calcineurine) ou une vasodilatation de l’artériole efférente (anti-inflammatoire non stéroïdien – AINS) peuvent provoquer une IRA pré-rénale. La volémie étant l’autre déterminant, les molécules induisant une hypo-volémie vraie (diurétiques) ou relative (vasodilatateurs artériels) peuvent entraîner une IRA pré-rénale. Enfin, en cas d’intoxication aigue avec coma prise en charge tardivement, l’absence d’hydratation entre la prise du toxique et le coma peut être à l’origine d’une déshydratation elle-même responsable d’une IRA pré-rénale. L’arrêt du médicament et la réhydratation réverse en général rapidement l’IRA, mais en cas de prise en charge tardive, l’évolution vers une nécrose tubulaire aigue (NTA) est possible.

Insuffisance rénal…

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