S34-P01-C02 Hépatopathies d’origine toxique

S34-P01-C02 Hépatopathies d’origine toxique

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Toxicologie

 

Chapitre S34-P01-C02

Hépatopathies d’origine toxique

François Ballet

Le foie est l’organe le plus souvent atteint par les agents toxiques qu’il s’agisse de médicaments, de composés chimiques d’origine professionnelle ou domestique, de plantes ou de produits d’origine alimentaire. L’hépatotoxicité est très souvent méconnue elle se limite souvent à des anomalies biologiques sans signes cliniques significatifs. Une détection précoce est cependant essentielle car elle peut permettre d’éviter une évolution vers des formes graves aigues (hépatite fulminante) ou chroniques (hépatite chronique voire cirrhose). L’hépatotoxicité des médicaments est un évènement rare souvent inférieur à 1/1000 et donc difficile à détecter dans les essais cliniques avant la mise sur le marché d’une nouvelle molécule. L’étude des mécanismes de susceptibilité est une voie de recherche essentielle qui peut permettre dans l’avenir d’identifier les sujets à risque et mettre au point des molécules mieux tolérées.

Principaux agents hépatotoxiques

Médicaments

Plus de 1 200 médicaments sont connus pour être potentiellement hépatotoxiques [5], [13]. Toutes les classes thérapeutiques sont concernées mais les plus souvent en cause sont les antibiotiques et les psychotropes. Certaines classes pharmacologiques comme les antirétroviraux ou les inhibiteurs de tyrosine kinase sont également à risque.  La plupart des médicaments hépatotoxiques sont des petites molécules. En règle générale les produits biologiques en particulier anticorps monoclonaux et les protéines à usage thérapeutique ont un risque très faible d’hépatotoxicité.

L’hépatotoxicité représente environ 30% des effets toxiques des médicaments observés au cours du développement clinique de nouvelles molécules. Elle est également la toxicité la plus fréquente des médicaments commercialisés et est une cause fréquente de retrait des médicaments du marché (Tableau S34-P01-C02-I). Sa prévalence est largement sous-estimée. Une étude épidémiologique rigoureuse faite dans la Nièvre montre que la fréquence des atteintes hépatiques d’origine médicamenteuse est en réalité 16 fois supérieure à celle des cas déclarés aux centres de pharmacovigilance [12]. Pour l’industrie pharmaceutique, l’impact financier lié aux arrêts de développement, au retrait du marché ou aux restrictions d’utilisation est considérable. Dans près de 50% des cas d’hépatotoxicité obse…

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