Robert Garnier
Les anémies hémolytiques produites par des substances étrangères à l'organisme ne se distinguent guère, dans leurs manifestations, de celles d'autres causes : comme les autres, ce sont des anémies régénératives (réticulocytose), avec une hyperbilirubinémie et une chute de la concentration sérique d'haptoglobine ; une cyanose traduisant une sulfhémoglobinémie ou, plus souvent, une méthémoglobinémie concomitante peuvent être observées, à l'occasion des épisodes aigus, lorsque l'hémolyse est imputable à un agent oxydant. Diverses autres manifestations, variables en fonction de l'agent responsable, peuvent être associées à l'hémolyse ; elles orientent le diagnostic causal. Le traitement des anémies hémolytiques dues à des xénobiotiques est symptomatique. L'important est d'en identifier rapidement la cause pour pouvoir l'éradiquer. Le traitement de la méthémoglobinémie parfois associée à l'hémolyse nécessite des mesures spécifiques.
En première intention, on peut classer les anémies hémolytiques induites par des xénobiotiques en deux grandes catégories, selon qu'elles dépendent ou non d'un mécanisme immunologique. Pour les hémolyses de mécanisme immunologique, voir « Anémies hémolytiques auto-immunes » et chapitre S04-P03-C04. Plusieurs mécanismes d'action directs ou indirects peuvent être à l'origine d'une hémolyse toxique. Le ou les mécanismes d'action de nombreux agents ne sont que partiellement compris et certains agents peuvent en impliquer plusieurs....
